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L'Histoire de 1945 jusqu’à présent


La pose des premiers jalons après 1945. Après la capitulation sans condition des troupes allemandes, les 8 et 9 mai 1945, le dernier gouvernement du Reich sous le grand-amiral Dönitz est encore resté deux semaines en fonctions avant que ses membres ne soient arrêtés. Avec d’autres grands dignitaires de la dictature nationale-socialiste, lors du procès de Nuremberg, ils furent, plus tard, mis en accusation pour crime contre la paix et contre l’humanité par les puissances victorieuses.

Le 5 juin, sur le territoire du Reich, les puissances victorieuses – les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union soviétique et la France – reprirent le pouvoir suprême. Conformément au protocole de Londres (12 septembre 1944) et aux accords consécutifs en résultant, leur objectif primaire était l’exercice total de la souveraineté sur l’Allemagne. La base de cette politique fut le partage du pays en trois zones d’occupation avec une capitale, Berlin, divisée en trois secteurs et un Conseil de contrôle allié commun aux trois commandants en chef.

Lors de la conférence de Yalta, en Crimée, en février 1945, la France fut admise en leur sein par les trois grands comme quatrième puissance de contrôle et se vit accorder une propre zone d’occupation. Les protagonistes de Yalta exprimèrent leur intention de mettre un terme à l’existence intrinsèque de l’Allemagne en tant qu’Etat, mais non de morceler le territoire du Reich. Staline, en particulier, était intéressé par la sauvegarde de l’Allemagne comme entité économique. Mais, pour compenser les indicibles souffrances que l’URSS avait subies par suite de l’invasion allemande, il exigea des prestations de réparations si énormes que celles-ci ne pouvaient être fournies par une zone à elle seule. Outre une somme de 20 milliards de dollars, Moscou exigea que 80% des entreprises industrielles allemandes soient remises à l’Union soviétique.

Après avoir eu initialement des intentions différentes, les Britanniques et les Américains estimèrent eux aussi nécessaire de sauvegarder une Allemagne-tronc viable. Non pas pour se faire verser des réparations, mais parce que – vers l’automne 1944 – le président américain Roosevelt aspirait également, dans le cadre d’un système d’équilibre global, à une Europe centrale stable. Or un facteur incontournable en était la base économique en Allemagne. Il n’hésita donc pas longtemps avant de rejeter le radical plan Morgenthau (de septembre 1944), qui prévoyait que la nation allemande ne devait vivre à l’avenir que de l’agriculture et être séparée en un Etat du Nord et un du Sud.

Les différends entre les puissances victorieuses devinrent de plus en plus grands. C’est pourquoi l’objectif initial de la Conférence de Potsdam (du 17 juillet au 2 août 1945) – la création d’un ordre européen d’après-guerre – passa à l’arrière plan: l’unanimité se fit seulement sur les questions de la dénazification, de la démilitarisation, de la décentralisation économique ainsi que de l’éducation des Allemands à la démocratie. En outre, les puissances victorieuses donnèrent leur assentiment, lourd de conséquences, à l’expulsion d’Allemands des territoires orientaux placés sous administration polonaise, de Prusse du Nord-Est, de Hongrie et de Tchécoslovaquie. En contradiction totale avec les réserves occidentales exigeant une «exécution humaine» de cette expulsion, environ 7,75 millions d’Allemands furent expulsés brutalement au cours des années qui suivirent. Ils payèrent en partie le prix de la faute allemande, mais furent aussi victimes du déplacement de la frontière occidentale de la Pologne par suite de l’occupation de Königsberg et de la Pologne orientale par l’Union soviétique.

Un consensus minimaliste ne fut obtenu que sur la préservation des quatre zones d’occupation en tant qu’entités économiques et politiques. Chaque occupant devait en revanche couvrir tout d’abord ses réparations à partir de sa propre zone d’occupa tion.

On avait pourtant, ainsi – comme on le constata par la suite – posé des jalons déterminants: par le mode d’application des réparations, mais aussi par l’affectation des quatre zones à des systèmes politiques et économiques différents, l’Allemagne est devenue le pays où la guerre froide s’est manifestée avec plus d’acuité que partout ailleurs dans le monde.

Entre-temps, dans chaque zone d’occupation, on avait commencé à mettre en place des partis et organes administratifs allemands. Cela se passa très vite et très autoritairement dans la zone soviétique; là, des partis à l’échelle de la zone ont été autorisés dès 1945 et plusieurs administrations centrales ont été constituées.

Dans les trois zones occidentales, le développement de la vie politique s’effectua de bas en haut. Au début, on ne trouva des partis politiques qu’au niveau local, partis qui furent autorisés au niveau du Land après la création des Länder; des regroupements à l’échelle de la zone ne se produisirent que plus tard. Au niveau de la zone, on ne trouvait des organes administratifs qu’à l’état d’ébauches. Mais la détresse matérielle d’un pays en ruines ne pouvait être supprimée que par une planification généreuse dépassant les frontières des Länder et des zones. De plus, comme l’administration quadripartite avait cessé de fonctionner, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne décidèrent en 1947 de fondre économiquement leurs deux zones pour donner naissance à la Bizone.

Les divergences des systèmes hégémoniques à l’Est et à l’Ouest ainsi que les grandes disparités dans l’application de la politique de réparations pour les diverses zones ont fini par paralyser la politique panallemande sur le plan financier et fiscal ainsi que sur celui des matières premières et de la production. La conséquence en fut que les régions se sont développées dans des directions profondément différentes. En un premier temps, la France ne se montra pas intéressée par une administration économique supérieure (Bizone/Trizone). Staline revendiqua un droit de contrôle de la Ruhr, mais tout en fermant hermétiquement la Zone d’occupation soviétique (ZOS). Le côté occidental était complètement impuissant face à ces mesures arbitraires comme la fusion forcée du parti communiste allemand, le KPD, et du SPD, le parti socialiste, qui donna naissance au SED en avril 1946.

La zone d’occupation soviétique offrant de plus en plus toutes les caractéristiques d’une dictature communiste, les Britanniques et les Américains ont accéléré la reconstruction de leur zone respective. Les occupants occidentaux voulaient atténuer la détresse et la misère dans les zones occidentales et accélérer la création d’un Etat libéral et démocratique.

De l’Etat ennemi au partenariat. En Allemagne de l’Ouest, le ministre américain des Affaires étrangères Byrnes avait illustré ce changement d’état d’esprit par son discours de Stuttgart du 6 septembre 1946. Il y qualifia de seulement provisoires l’occupation stalinienne et le tracé de la frontière en Pologne. En Allemagne de l’Ouest, la présence militaire des alliés occidentaux se modifia, selon son concept, passant de statut d’occupation à un statut de contrôle et, enfin, de protection. A l’initiative de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis et les résistances de la France ayant enfin été vaincues, la Trizone fut finalement constituée en tant que territoire économique occidental d’un seul tenant.

Le danger d’une nouvelle avance soviétique vers l’Ouest, à l’issue du coup d’Etat de Prague, le 25 février 1948, fut l’un des principaux arguments qui incitèrent la France à se rendre elle aussi à la raison de l’alliance occidentale. Les conceptions de Byrnes trouvèrent leur écho tangible dans la constitution du Pacte de Bruxelles (17 mars 1948) et, enfin, dans le Traité de l’Atlantique Nord (4 avril 1949).

Une organisation politiquement et économiquement homogène de l’Allemagne de l’Ouest était la condition sine qua non à la viabilité d’une telle communauté contractuelle. Logiquement, dans le cadre de la Conférence des Six Puissances, tenue à Londres (du 23 février au 3 mars et du 20 avril au 1er juin 1948) pour la première fois avec la participation des Etats du Benelux, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se mirent d’accord sur un ordre étatique commun de leurs puissances d’occupation occidentales.

Le 20 mars 1948, lors de la 82ème séance du Conseil de contrôle, le représentant soviétique, le maréchal Sokolovski, exigea des renseignements sur les négociations de Londres. Lorsque ses collègues occidentaux lui répondirent de façon évasive, Sokolovski claqua la porte du Conseil de contrôle pour ne plus jamais y revenir.

Tandis que les puissances occidentales étaient encore occupées à élaborer leurs recommandations pour les ministres-présidents ouest-allemands en vue de la convocation d’une assemblée constituante, Staline prit pour prétexte l’instauration du DM à l’Ouest (réforme monétaire du 20 juin 1948) pour instituer un blocus de Berlin-Ouest et, ainsi, obtenir par la force son intégration dans la zone d’occupation soviétique. Dans la nuit du 23 au 24 juin 1948, toute liaison terrestre entre les zones occidentales et Berlin-Ouest fut coupée. L’approvisionnement de la ville en énergie depuis le secteur oriental et en denrées alimentaires depuis la zone d’occupation soviétique fut immédiatement suspendu. Jusqu’au 12 mai 1949, Berlin-Ouest fut approvisionnée par un pont aérien allié.

Cette solidarité visible avec Berlin comme tête de pont de la politique et de la civilisation occiden tales, en même temps démonstration de force de l’Amérique, favorisa, en Allemagne de l’Ouest, la volonté de coopérer avec les puissances d’occupation, lesquelles se muèrent de plus en plus d’ennemis en parten aires.

La fondation de la République fédérale d’Allemagne. Dès 1946, l’Allemagne de l’Ouest avait profité des secours américains à l’étranger dans le cadre du programme GARIOA. Mais ce n’est qu’avec le programme de lutte contre «la famine, la pauvreté, le désespoir et le chaos» (plan Marshall) que l’Allemagne de l’Ouest reçut l’aide initiale déterminante (1,4 milliard de dollars de 1948 à 1952) pour sa reconstruction. Alors que la socialisation de l’industrie progressait à grands pas dans la zone d’occupation soviétique, en Allemagne de l’Ouest, avec la réforme monétaire, ce fut de plus en plus le modèle de l’«économie de marché sociale» (Alfred Müller-Armack, 1947) qui s’imposa. Ce nouvel ordre économique devait, d’un côté, faire obstacle à une «corruption du capitalisme» (Walter Eucken) et, d’un autre côté, à un centralisme de type d’économie planifiée, véritable entrave à la créativité et à l’initiative.

Cet ordre économique a été complété, dans la Loi fondamentale de Bonn, par les principes de l’Etat de droit et de l’Etat social ainsi que par la structure fédérative de la République fédérale. La constitution élaborée a été sciemment qualifiée de «Loi fondamentale» afin de bien en souligner le caractère provisoire. Il était prévu d’adopter une constitution définitive seulement après le rétablissement de l’unité de l’Allemagne. Avec sa promulgation solennelle par le Conseil parlementaire, à Bonn, la Loi fondamentale est entrée en vigueur le 23 mai 1949.

Il est évident que cette Loi fondamentale reflétait nombre de conceptions des puissances d’occupation occidentales, qui, le 1er juillet 1948, par les Documents de Francfort, avaient chargé les ministres-présidents allemands d’élaborer une constitution. Son texte s’inspirait simultanément des expériences faites avec la République de Weimar et la dictature nationale-socialiste. Dans la Loi fondamentale, l’assemblée constituante de Herrenchiemsee (réunie du 10 au 23 août 1948) ainsi que le Conseil parlementaire de Bonn (65 membres délégués par les diètes régionales qui se réunirent le 1er septembre 1948) lièrent les futurs gouvernements, partis et autres forces politiques aux principes d’une protection du droit l’emportant sur tout le reste. Toute mesure visant à porter atteinte à l’ordre fondamental libre et démocratique, toute tentative de le supplanter par une dictature de droite ou de gauche sont, depuis, considérées comme devant être interdites et faire l’objet de poursuites pénales. La République fédérale s’est par conséquent engagée dans un propre article («Article Europe» 23 de la Loi fondamentale) à garantir les principes démocratiques, d’Etat de droit, sociaux et fédératifs dans une Europe unie.

Ces obligations sont la conséquence directe des expériences faites sous la dictature nazie. Celle-ci avait jadis plongé dans la détresse et le danger la majorité des «hommes politiques de la première heure» qui reprirent leurs activités après 1945 et, dès lors, investirent dans la reconstruction de l’Allemagne les traditions démocratiques inspirées de l’esprit de 1848 et 1919 ainsi que du «soulèvement de la conscience» du 20 juillet 1944. Eux tous incarnaient aux yeux du monde l’«autre Allemagne», forçant le respect des puissances d’occupation. Des hommes comme Theodor Heuss (FDP), premier président fédéral, Konrad Adenauer (CDU), premier chancelier fédéral, Ludwig Erhard (CDU), «locomotive» du «miracle économique», mais aussi de grands leaders de l’opposition du SPD comme Kurt Schumacher ou Erich Ollenhauer ainsi que le cosmopolite Carlo Schmid donnèrent un profil unique au nouveau système de partis en Allemagne de l’Ouest. Au coup par coup, ils étendirent les droits de regard des Allemands et leur influence politique (statut d’occupation, accord du Petersberg, adhésion au GATT, affiliation à la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier). En juillet 1951, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis déclarèrent caduc l’état de guerre avec l’Allemagne: l’URSS suivit leur exemple en janvier 1955.

La sécurité par l’intégration dans l’Ouest et la compréhension européenne. Pour le chancelier fédéral Adenauer, qui, jusqu’en 1963, marqua très profondément de son sceau la politique intérieure et extérieure de l’Allemagne («démocratie cancellariale»), la réunification de l’Allemagne dans la paix et la liberté était l’objectif politique suprême. La condition incontournable en était l’ancrage de l’Allemagne de l’Ouest dans la communauté de sécurité atlantique. Logiquement, avec l’abolition du statut d’occupation, on assista à l’adhésion de la République fédérale à l’OTAN, le 5 mai 1955. Parallèlement à cela, on oeuvra en commun à élargir les Communautés européennes (Traité de Rome en 1957).

La méfiance nourrie par Adenauer à l’égard de Moscou avait des racines si profondes que, en 1952, conjointement avec l’Ouest, il rejeta l’offre faite par Staline de réunifier l’Allemagne jusqu’à la frontière Oder-Neisse en lui donnant un statut de neutralité. La proposition lui semblait trop ambiguë pour qu’il remette pour cela en jeu l’imminente intégration orientale de la République fédérale. Sa méfiance se vit plus que justifiée lorsque, le 17 juin 1953, le soulèvement populaire en RDA contre l’esclavagisme et le «joug des normes» (Hans Mayer) fut écrasé par les blindés soviétiques.

Il était également clair que, sans l’aval de Moscou, aucun progrès substantiel ne pourrait être fait sur la question allemande. La raison d’Etat dans toute son objectivité recommandait donc de nouer des relations diplomatiques avec l’URSS en sa qualité de plus grande puissance en Europe.

La répression du soulèvement populaire en Hongrie par les troupes soviétiques, en novembre 1956, ainsi que le «choc de Spoutnik», le 4 octobre 1957, concrétisèrent une considérable montée en puissance de l’URSS. Montée en puissance qui se traduisit par d’autres mesures de rétorsion dans le cadre de la mise en place d’une société socialiste en RDA, mais aussi et surtout dans l’ultimatum de Berlin lancé par le successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev, qui exigea le retrait des alliés occidentaux de Berlin-Ouest dans un délai de six mois.

Leur fin de non-recevoir résolue adressée à Khrouchtchev incita celui-ci à adopter un ton plus enjôleur pour faire progresser la question de Berlin. Et, de fait, la visite de Khrouchtchev aux Etats-Unis, en 1959, se traduisit par de sensibles améliorations des relations («esprit de Camp David»). Quoi qu’il en soit, le président américain Eisenhower déclara, n’en déplut au gouvernement de Bonn, que les violations du droit par les Soviétiques, à Berlin, n’étaient pas graves au point de constituer, en dehors de l’Allemagne, un casus belli.

L’inquiétude de Bonn au sujet de la sécurité de Berlin augmenta d’autant plus que la présidence de John F. Kennedy symbolisait l’arrivée au pinacle de la politique américaine d’une génération qui réduisit considérablement l’influence d’Adenauer sur la politique américaine à l’égard de l’Europe. Certes, dans ses trois «essentials» (25 juillet 1961), Kennedy garantit le libre accès à Berlin-Ouest, la présence des puissances occidentales et la sécurité de la ville. Mais, en dernier ressort, la réaction des alliés à la construction du Mur de Berlin, le 13 août 1961, ne dépassa jamais le stade des protestations diplomatiques et des symboliques propos menaçants.

Une fois de plus, Moscou put sauvegarder son protectorat. Le «vote avec les pieds» contre le régime est-allemand fut réprimé par un système de mines et de barbelés avec «no man’s land» mortel le long de la ligne de démarcation et à grand renfort de pressions. Avant la construction du Mur, près de trois millions de personnes avaient quitté la RDA; rien qu’en juillet 1961, plus de 30000 s’étaient enfuies.

Malgré la construction du Mur et les tensions engendrées par la crise de Cuba en 1962, le processus d’entente entre les deux superpuissances imposé par la situation d’équilibre nucléaire se poursuivit. Ceci contraignit par conséquent Bonn à rechercher plus intensivement une voie personnelle et cette volonté de prendre pour un temps ses distances à l’égard de Washington fut, de fait, compensée, sur le plan international, par l’«été de l’amitié fran çaise».

Avec la signature du Traité de l’Elysée, en janvier 1963, la réconciliation germano-française atteignit son apogée. Le traité constituait la base d’un rapprochement des deux peuples et d’une coopération intense dans de nombreux domaines. Pour souligner la nouvelle qualité des relations bilatérales, lors de sa visite triomphale à Bonn en 1962, quelques mois avant la signature du traité, De Gaulle avait pris la parole devant «le grand peuple allemand». Il faut, avait dit le général, moins voir la Seconde Guerre mondiale en termes de culpabilité qu’en termes de tragique.

La politique de compréhension vers l’Ouest trouva un parallèle avec une détente de l’atmosphère dans les rapports avec l’Europe de l’Est. En décembre 1963, à Athènes, l’OTAN avait donné un signal correspondant avec sa nouvelle stratégie de riposte graduée («flexible response») mettant fin aux représailles massives («massive retaliation»).

Pour redonner du mouvement à des fronts durcis, la République fédérale chercha à améliorer au moins ses relations avec les Etats constituant le glacis de l’URSS.

Sans renier officiellement la doctrine Hallstein – son principe con sistait à ne pas nouer de relations diplomatiques avec les Etats qui, de leur côté, entretenaient ou nouaient des relations diplomatiques avec la RDA – qui faisait obstacle à la reconnaissance diplo matique de la RDA, les successeurs d’Adenauer, Ludwig Erhard et Georg Kiesinger, axèrent leur politique sur les dures réalités en Europe centrale. Ceci s’effectua, pour une bonne part, aussi en réponse à la nouvelle ligne de la politique extérieure prônée par un SPD dans l’opposition, ligne pour laquelle Egon Bahr créa, le 15 juillet 1963, la formule du «changement par le rapprochement».

A l’Ouest s’intensifia la coopération devant donner naissance à la Communauté européenne (CE) à partir de la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), de la Communauté européenne de l’Energie atomique (EURATOM) et de la Communauté économique européenne (CEE), le 8 avril 1965. L’ouverture de relations diplomatiques avec Israël, malgré les protestations de tout le monde arabe, a été une étape importante dans la politique allemande d’entente. Début 1967, Bonn noua des relations diplomatiques avec la Roumanie. En juin 1967 eut lieu l’ouverture de missions commerciales à Bonn et Prague. Le rapport Harmel de décembre 1967 a tout au moins ouvert la voie à d’autres étapes de détente dans ce sens que, comme double objectif de l’alliance occidentale, il préconisait la puissance militaire simultanément à la volonté de dialoguer avec le bloc oriental.

Outre la réconciliation avec les voisins européens et l’intégration dans la communauté internationale occidentale, Adenauer avait accordé une importance toute particulière aux réparations en faveur du peuple juif. Six millions de Juifs avaient été victimes de la campagne d’extermination systématique par les nazis. Ce sont surtout les profondes relations personnelles cultivées par le premier chancelier fédéral et le ministre-président israélien Ben Gurion qui ont exercé une influence décisive sur le début de la réconciliation entre les Juifs et les Allemands. On n’oubliera jamais la rencontre des deux hommes d’Etat, le 14 mars 1960, à l’hôtel Waldorf-Astoria de New York.

En 1961, devant le Parlement, Adenauer souligna que la République fédérale ne pourrait témoigner de la rupture complète des Allemands avec le passé national-socialiste que s’ils fournissaient aussi des réparations matérielles.

Dès 1952, à Luxembourg, fut signé un premier accord prévoyant le paiement d’une aide à la réinsertion des réfugiés juifs en Israël. Sur une somme totale d’environ 90 milliards de marks au titre des réparations, un tiers environ fut versé à Israël et à des organisations juives, en particulier à la Jewish Claims Conference, un fonds de secours pour les persécutés juifs du monde entier. L’instauration de relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale n’eut toutefois lieu qu’en 1965.

Dialogue germano-allemand malgré l’auto-isolation de la RDA. Malgré d’autres mesures d’auto-isolation de la part de la RDA (par ex. passeports et visa obligatoires pour la circulation en transit entre la République fédérale et Berlin-Ouest) et malgré le coup porté par le Pacte de Varsovie à la politique de réformes de Prague («Printemps de Prague» de 1968), la «doctrine de Brejnev» prônant l’indivisibilité des territoires socialistes ne causa pas de revers particuliers au processus de détente instauré. En avril 1969, Bonn se déclara prête à conclure des accords contractuels avec la RDA se situant en deçà du stade de la reconnaissance internationale.

Il est évident que les arrangements germano-allemands ne pouvaient que difficilement être obtenus sans l’aval préalable de Moscou. Lorsque la proposition, faite par Moscou, d’un accord de renoncement à la force arriva à Bonn, la «nouvelle Ostpolitik» du gouvernement constitué le 21 octobre 1969, une coalition sociale-libérale, prit rapidement une forme concrète.

Quelques mois auparavant, le 5 mars 1969, Gustav Heinemann, dès l’époque d’Adenauer un partisan résolu de la compréhension Est-Ouest, avait été élu président fédéral. En outre, avec Willy Brandt un homme incarnant la résistance active à la dictature hitlérienne se trouvait à la tête d’un gouvernement fédéral qui axa son énergie sur la mise en place d’un ordre de paix paneuropéen. Les paramètres géopolitiques étaient favorables. Moscou et Washington menaient des entretiens sur la limitation des armements stratégique (SALT) et l’OTAN proposa des négociations sur des réductions mutuelles et équilibrées des forces. Le 28 novembre 1969, la République fédérale adhéra au traité de non-prolifération des armes nucléaires.

Globalement, après les turbulences de politique intérieure ayant caractérisé la Grande Coalition (guerre du Vietnam, législation sur l’état d’urgence, procès d’Auschwitz, opposition extrapar lementaire APO, révoltes culturelles de la jeunesse universitaire), le nouveau gouvernement avait placé la barre très haut en voulant obtenir des succès dès l’instauration de sa politique de compréhension.

Tandis que débutaient les entretiens sur le renoncement à la force à Moscou et à Varsovie, Bonn et Berlin-Est sondèrent également les possibilités d’améliorer les relations. Le 19 mars 1970, les chefs de gouvernement des deux Etats allemands, Brandt et Stoph, se rencontrèrent pour la première fois à Erfurt. Cette rencontre se poursuivit le 21 mai 1970 à Kassel. En août 1970, le traité relatif au renoncement à la force et à la reconnaissance du statu quo était signé à Moscou. Les deux signataires assurèrent n’avoir pas les moindres revendications territoriales contre «qui que ce soit».

Le 7 décembre de la même année eut ensuite lieu la signature du traité de Varsovie, qui confortait l’inviolabilité de la frontière existante (ligne Oder/Neisse). Varsovie et Bonn assurèrent ne pas avoir l’une envers l’autre les moindres revendications territoriales et annoncèrent leur intention d’approfondir la coopération entre les deux pays. Dans une «information» sur les mesures humanitaires, Moscou donna son accord au rapatriement d’Allemands de Pologne et au regroupement de leurs familles par la Croix-Rouge.

Pour permettre une ratification contractuelle de ces accords, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’URSS signèrent un accord sur Berlin en vertu duquel les secteurs occidentaux de Berlin ne faisaient pas partie intégrante de la République fédérale. Cet accord reconnaissait en revanche à Bonn des prérogatives de représentation pour Berlin-Ouest. Il était prévu d’améliorer les «liens» entre Berlin-Ouest et la République fédérale et d’approfondir les relations entre Berlin-Est/RDA et Berlin-Ouest (signature de l’accord de transit, le 17 décembre 1970).

Après l’échec du vote de défiance contre Brandt, le Bundestag approuva, le 17 mai 1972, les traités passés avec l’Union soviétique et la Pologne. La majorité des députés de la CDU/CSU firent abstention. Dans une «résolution interprétatrice» relative aux traités, le Bundestag confirma que ceux-ci n’étaient pas en contradiction avec le rétablissement de l’unité allemande par des voies pacifiques.

Les traités avec l’Est, enfin, furent complétés et couronnés à la suite des entretiens et pourparlers menés depuis juin 1972 par le traité germano-allemand sur les bases des relations. La réélection de Willy Brandt comme chancelier fédéral, le 14 décembre 1972, ouvrait la voie à la signature du traité, en décembre de la même année.

Dans ce traité, les partenaires convinrent de renoncer mutuellement à recourir à la menace ou à l’emploi de la force et reconnurent l’inviolabilité de la frontière germano-allemande ainsi que le respect de l’indépendance et de l’autonomie de chacun des deux Etats. En outre, ils se déclarèrent prêts à régler les questions pratiques et humanitaires. En raison de la qualité particulière de leurs relations, ils convinrent de créer des «représentations» en lieu et place des ambassades traditionnelles. Lors de la signature du traité, une lettre fut remise dans laquelle le gouvernement fédéral réitérait sa volonté de parvenir à l’unité allemande.

Le gouvernement d’Etat bavarois se fit confirmer par la Cour constitutionnelle fédérale que le traité n’était pas en contradiction avec cet objectif. La Cour établit en outre que le Reich allemand continuait d’exister sur le plan du droit international et était en partie identique à la République fédérale. La RDA ne pouvait donc pas être considérée comme pays étranger, mais seulement comme territoire intérieur.

En 1973 fut signé le traité de Prague entre la Tchécoslovaquie et la République fédérale. Dans ce traité, l’accord de Munich de 1938 était considéré comme nul et non avenu «conformément au présent traité». L’inviolabilité des frontières et le renoncement à la force figuraient également au nombre des arrangements.

Tandis que se déroulaient, à Vienne, les négociations sur les réductions mutuelles et équilibrées des forces (MBFR), qu’un accord américano-soviétique était signé sur l’empêchement de toute guerre nucléaire et que, à Helsinki, 35 Etats étaient réunis au sein de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE), les rapports de la RDA avec la République fédérale ne changèrent pratiquement pas.

Néanmoins, Helmut Schmidt, lui aussi, s’efforça de poursuivre une politique de péréquation. Le 16 mai 1974, il avait remplacé, aux fonctions de chancelier fédéral, Willy Brandt qui avait dû démissionner par suite d’une affaire d’espionnage, l’affaire Guillaume.

L’Acte final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe d’Helsinki (1975), qui promettait la libre circulation dans les échanges transfrontaliers ainsi qu’un plus grand respect des droits de l’homme et du citoyen, devint la base de l’opposition aux régimes figés d’Europe centrale et orientale. La République fédérale poursuivit de manière conséquente sa politique d’entente et de coexistence pour le bien des habitants de la RDA.

C’est ainsi qu’elle convint avec Berlin-Est, en 1978, de construire l’autoroute Berlin-Hambourg et de remettre en état les voies fluviales de transit vers Berlin-Ouest avec une participation considérable de la République fédérale aux coûts. En outre, la libération contre rémunération de prisonniers politiques de la RDA se poursuivit. Bonn aura finalement payé plus de 3,5 milliards de DM pour obtenir la libération de 33755 personnes et pour le regroupement de 250000 membres de leurs familles.

La «querelle des fusées», obstacle à la politique de détente. Tandis que, en Europe de l’Ouest, l’unification continuait de faire des progrès, de nouveaux conflits autour de l’Europe de l’Est vinrent porter ombrage à la fin d’une décennie de détente et au début des années quatre-vingt.

L’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques et la promulgation de l’état d’exception en Pologne se traduisirent par une dégradation des relations Est-Ouest au même titre que le stationnement de nouvelles fusées à portée intermédiaire (SS 20) en URSS. La récidive d’une violente confrontation devenait menaçante.

L’OTAN répondit à cette dangereuse déstabilisation de l’équilibre de sécurité en décidant, de son côté, de moderniser ses fusées à partir de 1983. Mais elle proposa simultanément à l’URSS des négociations sur le contrôle des armements (double décision de l’OTAN). Pour protester contre l’invasion de l’Afghanistan, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la Norvège et la République fédérale ne participèrent pas aux Jeux olympiques de Moscou, en 1980.

Les choses recommencèrent à bouger avec l’initiative américaine de la dite solution «zéro», qui prévoyait la diminution du nombre de fusées soviétiques à portée intermédiaire parallèlement à un renoncement de l’OTAN à déployer des fusées Pershing II ainsi que de nouveaux missiles de croisière.

Alors même qu’il exigeait inlassablement une alternative au réarmement pour éviter toute lacune en matière de sécurité, le chancelier fédéral Schmidt s’efforça simultanément de circonscrire le plus possible les dégâts dans les rapports germano-allemands. Malgré l’exigence formulée par Erich Honecker, chef de l’Etat et du parti, d’une citoyenneté est-allemande spécifique et malgré l’augmentation draconienne des taux de change minima pour les visiteurs occidentaux, le chancelier fédéral Schmidt se rendit dans ce pays sans pouvoir obtenir pour autant des concessions substantielles de la part de Honecker. Le durcissement idéologique croissant du régime a été en première ligne une réaction face aux mouvements de protestations toujours plus bruyantes de couches de plus en plus larges de la population chez son voisin, la Pologne, où l’on réclamait réformes économiques, liberté et désarmement.

Mais l’Est ne fut pas le seul à subir des pertes d’autorité dans le débat sur les fusées. Le FDP, à Bonn, ayant décidé de changer de cap en politique économique et ayant commencé à se séparer de la coalition, la base du SPD, aussi et surtout sous la pression du Mouvement pour la paix et de certains pans des syndicats, refusa de donner son adhésion au chancelier fédéral Schmidt auquel elle reprochait de rester attaché inflexiblement à la double décision de l’OTAN. Le 1er octobre 1982, Helmut Kohl, par un vote de défiance constructif, devint ainsi le nouveau chef de gouvernement d’une coalition CDU/CSU-FDP. Il préserva la continuité en matière de politique de sécurité dans le gouvernement fédéral et poursuivit l’étroite coopération avec Paris et Washington, dans la volonté d’approfondir et de préserver une Europe unie.

Le gouvernement d’Helmut Kohl reste imperturbable malgré de gigantesques manifestations pour la paix: en novembre 1983, le Bundestag donne son aval au réarmement. Cela renforce la crédibilité de l’Alliance occidentale et désamorce la crise de l’OTAN.

Dès le milieu des années quatre-vingt, les superpuissances entament un nouveau dialogue sur le désarmement. Les nouvelles fusées déployées en République fédérale peuvent très vite être redémontées.

De l’effondrement de la RDA à l’unité allemande. La RDA fondée le 7 octobre 1949 était un produit de Moscou. Elle était d’emblée une dictature communiste dont la dictature du Parti socialiste unifié d’Allemagne et la présence de l’Armée rouge constituaient les fondements. L’économie planifiée, la police secrète, la toute puissance du SED et une censure brutale creusèrent un fossé de plus en plus profond entre la population et les élites au pouvoir. La grande modicité de l’approvisionnement de base matériel et social – grâce aux prix fixés par l’Etat et aux subventions – donnait cependant à ce système fermé cette élasticité qui a permis à l’individu de diversifier à volonté sa vie en se créant des créneaux personnels. Les grands succès sportifs remportés à l’échelle internationale par la RDA ont fait office de compensation, tout comme la satisfaction des «travailleurs» d’avoir très vite atteint, au sein du bloc oriental, le meilleur taux de production industrielle et le plus haut niveau de vie malgré des prestations de réparations extrêmement élevées en faveur de l’Union soviétique.

Malgré la propagande, la population se rendit compte de plus en plus clairement que le dépassement économique de l’Ouest, que l’on s’était initialement donné comme objectif, demeurerait une fiction. L’épuisement des ressources et la baisse de productivité par suite du centralisme et de l’économie planifiée contraignirent le régime est-allemand à reporter à une date ultérieure l’exécution de ses promesses. De plus en plus souvent, il dut contracter de lourds emprunts auprès de l’Ouest. Dans le secteur des biens de consommation, le principe de l’innovation était de règle. La qualité de la vie régressa tandis que l’infrastructure (logements, transports, environnement) se dégradait.

Un système sans lacune de dénonciation à tous les niveaux de la population, une propagande mensongère permanente et des appels mensongers à la solidarité donnèrent, surtout pour la jeune génération, un caractère de rhétorique creuse et consolatrice à la prétention au leadership formulée par «la classe ouvrière et son parti marxiste-léniniste» (article 1er de la constitution est-allemande). Pendant ce temps, la population réclamait des droits à l’autonomie et à l’autodétermination et avant tout plus de liberté individuelle ainsi qu’un plus grand nombre de biens de consommation de meilleure qualité.

Divers avatars – le stationnement des fusées, les plans du gouvernement américain de mettre en place un système de défense installé dans l’espace (programme du SDI) et une politique répétée de coups d’épingle de la part de la RDA (par exemple construction d’un second mur à la Porte de Brandebourg, tracasseries dans les corridors aériens menant à Berlin) – dégradèrent le climat diplomatique international alors même que les citoyens est-allemands commençaient à remettre en question leurs propres dirigeants. Un exemple en a été donné par les citoyens est-allemands désirant émigrer qui refusèrent de quitter la représentation permanente de la République fédérale à Berlin-Est tant que le départ à l’Ouest ne leur serait pas promis formellement. Pour obtenir des allégements en faveur de la population, le gouvernement fédéral fit accorder à plusieurs reprises d’importants crédits bancaires à la République démocratique allemande.

A partir de début 1985, de plus en plus de gens se rendirent dans la représentation permanente de la République fédérale à Berlin-Est ainsi que dans les ambassades d’Allemagne à Prague et Varsovie pour obtenir un visa de sortie vers la République fédérale.

En 1986, le nouveau secrétaire général du PCUS, Mikhaïl Gorbatchev, successeur de Constantin Tchernenko, décédé en mars, a déclaré que l’élimination des armes nucléaires d’ici à la fin du siècle était son objectif et sa tâche politique suprême. Des rencontres personnelles entre le premier secrétaire et le président américain Ronald Reagan, à Genève et Reykjavik, la Conférence sur les mesures de confiance et de sécurité et sur le désarmement en Europe (CDE), à Stockholm, ainsi que les préparatifs des pourparlers relatifs à la réduction des forces conventionnelles en Europe matérialisaient une nouvelle volonté de dialogue entre l’Est et l’Ouest. Celle-ci fut favorable à des accords germano-allemands dans les domaines de la culture, des arts, de l’éducation et des sciences.

Mais les dirigeants est-allemands se montrèrent insensibles au nouvel élan émanant des devises gorbatchéviennes de la «perestroïka» et de la «glasnost». Des manifestations de protestation organisées à Berlin-Est le 13 août, anniversaire de la construction du Mur, témoignèrent combien les dirigeants est-allemands traitaient par le mépris les espoirs nourris par leur propre population.

Helmut Kohl exprima sans ambages sa détermination à ne pas tolérer la pérennité de la partition allemande en s’adressant en ces termes à Erich Honecker, lors de sa visite de travail à Bonn (en 1987): «Nous respectons les frontières existantes, mais nous voulons éradiquer la partition par des voies pacifiques à l’issue d’un processus de compréhension.» ... «Nous avons une respon sabilité commune envers la sauvegarde des bases de la vie de notre peuple».

Un progrès dans la voie du désarmement a été la signature du traité FNI entre Reagan et Gorbatchev. Aux termes de ce traité, toutes les fusées américaines et soviétiques stationnées en Europe et ayant une portée comprise entre 500 et 5000 km devaient être retirées et détruites dans un délai de trois ans. En contrepartie, la République fédérale se déclarait prête à détruire ses 72 fusées Pershing IA.

La détente générale apporta de l’eau au moulin de ceux qui, en République démocratique allemande, exigeaient plus de liberté et des réformes. Début 1988, lors de manifestations à Berlin-Est, 120 adeptes du Mouvement pour la paix, «l’Eglise de la base», furent arrêtés. Un service d’intercession fut organisé à l’église de Gethsémani en faveur des manifestants arrêtés. On y compta plus de 2000 participants, nombre qui passa même à 4000 quinze jours plus tard. A Dresde, la police dispersa une mani festation en faveur des droits de l’homme ainsi que de la liberté d’expression et de presse.

En septembre 1989, la Hongrie décida d’ouvrir sa frontière aux citoyens de la RDA désireux de quitter leur pays, en tant si bien que des milliers d’eux purent parvenir à l’Ouest en passant par l’Autriche. En RDA, cette brèche taillée dans la discipline du Pacte de Varsovie encouragea de plus en plus de gens à descendre dans la rue, et de plus en plus, aussi, à manifester en dehors des services religieux. Lorsque les dirigeants est-allemands célébrèrent de façon médiatique, début octobre 1989, le 40ème anniversaire de la fondation de l’Etat, il se produisit, notamment à Leipzig, des manifestations de masse («Nous sommes le peuple!»). Il devint clair que le régime est-allemand, placé sous l’autorité de Honecker, ne recevrait aucun soutien de l’Union soviétique.

Comme dernière issue pour tenter de sauver si possible les fondations du régime du SED, Erich Honecker fut contraint, le 18 octobre 1989, de démissionner de la tête de l’Etat et du parti. Son successeur comme secrétaire général du SED et chef de l’Etat est-allemand fut Egon Krenz, dont les promesses faites lors du «tournant» furent étouffées par la méfiance contre sa personne. Sous la pression des événements, le Conseil des Ministres et le bureau politique du SED démissionnèrent en bloc.

La «révolution de velours» non violente engendra une espère de paralysie des organes de l’Etat. Ceci explique que l’annonce anodine et embarrassée d’une nouvelle loi libérale sur les voyages par Günter Schabowski, le membre du Politbüro du SED pour Berlin, déclencha l’ouverture des points de passage de la frontière à Berlin, le soir du 9 novembre 1989, et une nuit de liesse absolument indescriptible. Le Mur était ouvert.

Le renversement du gouvernement en RDA offrit la chance de réunification de l’Allemagne à laquelle l’on aspirait depuis des dizaines d’années. C’est pourquoi le chancelier fédéral Kohl annonça, le 28 novembre 1989, un programme en dix points qui, à l’aide de structures confédératives, était censé permettre la création d’une communauté contractuelle et avait pour préalables des mutations fondamentales du système économique et politique en République démocratique allemande.

Le 15 janvier 1990, 150 000 personnes scandèrent, dans les rues de Leipzig, le slogan «Allemagne, patrie unie». Les habitants de la RDA étaient méfiants à l’égard de leur nouveau gouvernement, dirigé par Hans Modrow. L’«appel d’air» de l’Ouest s’accentuant, la déstabilisation de la RDA alla crescendo. Mais Gorbatchev refusait d’abandonner ses réserves, d’autant plus que la Pologne et la Hongrie s’éloignaient de plus en plus des dirigeants moscovites, que Ceausescu avait été destitué en décembre 1989 et que l’équilibre en matière de politique de sécurité risquait de s’évanouir dès que la RDA sortirait du Pacte de Varsovie.

Du côté occidental, également, des voix s’élevèrent pour inviter «à tenir compte des soucis légitimes des pays voisins de l’Allemagne» (le ministre américain des Affaires étrangères Baker, à Berlin) lors de l’instauration de l’unité. Le processus d’unification ne put finalement suivre son cours que parce que Bonn promit de ne pas lier à la question de l’unité un déplacement des frontières existantes, de ne pas étendre les structures de l’OTAN au territoire de l’ex-RDA en cas d’unification et, pour compenser le gain d’atouts stratégiques, de proposer une diminution numérique des forces armées allemandes.

Le président américain Bush donna son accord à l’unité à la condition que la République fédérale d’Allemagne reste membre de l’OTAN.

Le 18 mars 1990, des élections libres eurent lieu en RDA pour la première fois depuis quarante ans. Lothar de Maizière prit la tête d’une coalition CDU, DSU, DA, SPD et FDP en tant que ministre-président. C’est avec lui que Bonn établit le calendrier d’une union économique, monétaire et sociale pour le 1er juillet 1990 puisqu’il était devenu manifeste qu’il n’existait plus aucune base économique à la poursuite d’une existence étatique spécifique de la RDA et que la majorité des citoyens est-allemands s’étaient montrés favorables à l’adhésion à la République fédérale. En août 1990, la Chambre du Peuple se déclara favorable à l’adhésion la plus rapide possible de la RDA à la République fédérale.

Le 31 août, le «traité d’unification» ad hoc put être signé par le secrétaire d’Etat est-allemand Krause et le ministre fédéral de l’Intérieur Schäuble. L’adhésion de la RDA à la République fédérale, conformément à l’article 23 de la Loi fondamentale, s’effectua le 3 octobre 1990. Les Länder est-allemands créés de nouveau – Brandebourg, Mecklembourg-Poméranie occidentale, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe – devinrent des Länder de la République fédérale d’Allemagne. Berlin fut élue comme capitale et la Loi fondamentale entra en vigueur sur le territoire d’adhésion à quelques modifications près.

L’unité était devenue possible, Gorbatchev ayant donné le feu vert à l’unification des deux Etats allemands, en juillet 1990, à l’issue de ses entretiens avec le chancelier fédéral Kohl et le ministre des Affaires étrangères Genscher à Moscou et dans le Caucase. Les conditions sine qua non en étaient le renoncement, par la République fédérale, aux armes NBC, la réduction de ses effectifs à 370000 hommes ainsi que le renoncement à étendre les structures militaires de l’OTAN au territoire de la RDA tant que des troupes soviétiques y seraient stationnées. On convint du retrait de ces troupes d’ici à fin 1994. L’aval de Gorbatchev aplanit aussi la voie à la signature du Traité deux + quatre en septembre 1990. Dans ce traité, l’URSS, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ainsi que les représentants des deux Etats allemands confirmèrent la création de l’Allemagne unifiée, se composant des territoires de la RDA, de la République fédérale et de Berlin. Les frontières extérieures de l’Allemagne furent reconnues comme définitives. Tenant compte du besoin de sécurité de la Pologne, besoin particulier aux origines historiques, Bonn et Varsovie s’assurèrent mutuellement, dans un traité complémentaire, de respecter réciproquement leur intégrité territoriale et leur souveraineté.

La ratification du Traité d’unification et du Traité deux + quatre mettait fin aux droits et responsabilités des quatre puissances victorieuses «en ce qui concerne Berlin et l’Allemagne dans son ensemble». L’Allemagne recouvrit ainsi la souveraineté pleine et entière sur ses questions intérieures et extérieures, qu’elle avait perdue, quarante-cinq ans auparavant, avec l’effondrement de la dictature nazie.

Poser des jalons pour l’avenir. Après l’instauration de l’unité de l’Allemagne et les gigantesques bouleversements politiques engendrés par l’effondrement du bloc communiste en Europe orientale, la République fédérale et ses partenaires ont été confrontés aux mêmes grands défis. Bien que des progrès déterminants aient déjà été faits dans cette direction, il reste encore beaucoup à faire.

• Il faut faire progresser la reconstruction dans les nouveaux Länder fédérés et parachever l’unité intérieure de l’Allemagne. L’Union européenne doit poursuivre son développement, être approfondie et élargie.

• Il faut instaurer une architecture globale de paix et de sécurité.

Cette triple tâche – nationale, européenne et globale – constitue un tout indissociable. La reconstruction et la consolidation dans les nouveaux Länder fédérés ne seront pas possibles sans un ancrage approfondi dans le processus d’intégration européenne et l’Europe ne pourra prendre sa forme nouvelle sans une ouverture, pas à pas, aux Etats d’Europe centrale et orientale. Dans cet esprit, l’Union européenne et les Etats de la CEI signent un accord de partenariat et de coopération à Corfou, le 24 juin 1994. L’aide importante que le gouvernement fédéral accorde à la Russie reflète l’intérêt vital qu’il porte à un processus de mutations démocratique et la nouvelle communauté de valeurs politiques. Les dépenses et engagements contractés par l’Allemagne envers l’ex-Union soviétique et les actuels pays de la CEI dépassent, depuis 1989, 90 milliards de DM. La majeure partie des mesures d’appui allemandes pour le processus de réformes politiques et économiques dans les Etats de la CEI se compose en l’occurrence de garanties pour des crédits et de cautions de l’assurance Hermes de crédit aux exportations, pour 47,1 milliards de DM.

Malgré des mesures d’épargne résolues pour les budgets publics, la République fédérale entend maintenir, au cours des années à venir, son engagement financier dans les pays en développement. Elle fournit une aide à l’auto-assistance afin d’améliorer les conditions de vie économiques, sociales et politiques de la population de ces pays. Le respect des droits de l’homme, la participation de la population, la garantie de l’Etat de droit, l’introduction d’un régime économique à caractère d’économie de marché sociale ainsi qu’une action de l’Etat propice au développement dans les pays bénéficiaires sont des critères importants du gouvernement fédéral pour l’octroi de crédits d’aide au développement.

L’Allemagne est le troisième bailleur de fonds pour les Nations unies (8,9% du budget de l’ONU) et elle finance 22,8% du budget de l’OTAN ainsi que 28,5% de celui de l’UEO, ce qui souligne la volonté du gouvernement fédéral de contribuer à la stabilité et à la sauvegarde de la paix à l’échelon bilatéral et multilatéral par la continuité de sa politique menée jusqu’à ce jour.

Ceci explique que l’Allemagne brigue un siège permanent au Conseil de sécurité mondial. A la demande du secrétaire général des Nations unies, une unité de transport de la Bundeswehr a participé pour la première fois, durant l’été 1993, à une mission des Casques bleus de l’ONU dans des «zones pacifiées» de Somalie.

En Allemagne, cette mission déclenche des controverses politiques; la Cour constitutionnelle fédérale rend son arrêt en juillet 1994: l’Allemagne peut faire participer ses forces armées à des missions dans le cadre d’actions de l’OTAN et de l’UEO pour appliquer des résolutions du Conseil de sécurité et des Nations unies. L’arrêt des juges de Karlsruhe vaut au même titre pour une participation des forces armées allemandes aux troupes de paix mises en place par les Nations unies. Le 6 décembre 1995, le Bundestag approuve à une grande majorité l’ordre d’envoi en Bosnie de 4000 soldats de la Bundeswehr dans le cadre de la mission de paix de l’ONU. Début 1997, le ministre allemand de la Défense a, avec l’aval du Bundestag, placé 3000 soldats de la Bundeswehr sous les ordres de la «Stabilization Force» (SFOR), la force de paix internationale pour la Bosnie et l’Herzégovine placée sous la tutelle de l’OTAN. L’Allemagne participe aux troupes de police internationales dans l’ex-Yougoslavie avec le deuxième plus important (IPIF) contingent de police.

Dans la voie de l’Union européenne. Le 1er janvier 1999, l’Allemagne accédera à la présidence de l’Union européenne. D’importants projets dans la voie de l’intégration européenne figurent au programme. La première priorité de la présidence allemande du Conseil est la clôture projetée des négociations relatives à l’«Agenda 2000». Il y va des tâches, des dépenses et du financement de l’Union. Autre objectif: l’intensification des négociations sur l’élargissement à l’Est de l’UE.

Début 1993, le marché unique commun des pays de la CE, alors au nombre de douze, est devenu réalité. Ce marché regroupe 345 millions d’Européens qui représentent l’espace économique à plus fort pouvoir d’achat du monde. A l’exception de la Suisse, les Etats de la zone européenne de libre-échange, l’AELE (Autriche, Suède, Norvège, Finlande, Islande et Liechtenstein), se sont associés à la Communauté européenne pour créer l’Espace économique européen. Dès la mi-1990, l’Union monétaire était déjà entrée dans sa première phase; dès lors, les échanges de capitaux entre les Etats de la CE ont été libéralisés et la coordination de la politique économique des partenaires ainsi que la coopération entre les banques centrales ont été intensifiées.

Lors d’une seconde phase qui a commencé en 1994, l’Institut monétaire européen (IME) a préparé la création d’une Banque centrale européenne ayant son siège à Francfort/Main. Les chefs d’Etat et de gouvernement ayant, les 2 et 3 mai 1998, décidé le lancement de la troisième étape de l’Union économique et monétaire pour tout d’abord onze Etats membres, la Banque centrale européenne (BCE) a entamé ses travaux le 1er juin 1998. Le respect durable des critères de convergence, c.-à-d., surtout, un degré élevé de stabilité monétaire et de discipline budgétaire, est le préalable au succès de la troisième étape, qui, selon le traité, débutera le 1er janvier 1999. Les monnaies nationales de la zone Euro perdront leur validité le 1er juillet 2002.

Pour le gouvernement fédéral, il était particulièrement important qu’en 1991 à Maastricht, les chefs d’Etat et de gouvernement n’aient pas seulement négocié le traité sur l’Union économique et monétaire, mais aient aussi conclu une Union européenne qui représente un toit pour une Communauté européenne qu’il faudra continuer à élargir. Le traité est entré en vigueur en novembre 1993. Selon le gouvernement fédéral, l’approfondissement de la Communauté doit aller de pair avec son élargissement et, après l’adhésion des anciens Etats de l’AELE (Finlande, Autriche et Suède depuis le 1er janvier 1995), à long terme aussi avec le rapprochement des Etats d’Europe centrale, orientale et sudorientale.

Lors du sommet de l’UE qui s’est tenu à Essen en décembre 1994 avec 21 chefs d’Etat et de gouvernement, on a donc adopté un concept facilitant l’accès à l’Union européenne des Etats réformateurs d’Europe centrale et orientale liés à l’UE par des accords européens. Ce concept a débouché sur un processus d’élargissement entamé le 30 mars 1998 avec onze candidats. Les pourparlers concrets officiels sur l’adhésion ont débuté le lendemain, le 31 mars, avec tout d’abord six pays: la Pologne, la Hongrie, la Tchéchie, la Slovénie, l’Estonie et Chypre.

Depuis le 26 mars 1995, l’accord de Schengen est en vigueur: il n’y a plus de contrôles de personne aux frontières entre l’Allemagne, les pays du Benelux, la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Autriche, mais les contrôles de passeport et de douane ont été intensifiés aux frontières extérieures. En vertu du Traité d’Amsterdam, cette coopération sera intégrée à l’avenir dans l’Union économique. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont signé ce traité les 16 et 17 juin 1997, qui clôture avec succès la conférence intergouvernementale inaugurée en mars 1996 à Turin. Ce traité renforce considérablement les capacités d’action de l’Union en matière de sécurité extérieure et intérieure. Pour les problèmes graves comme le chômage et le renforcement des composantes sociales, il a jeté les bases d’une action résolue.

L’unification économique de l’Allemagne. Le processus de mise à niveau entre l’Ouest et l’Est de l’Allemagne s’effectue dans le cadre de l’unification européenne et parallèlement à une restructuration politique et économique globale par suite de l’effondrement du système étatique d’Europe de l’Est.

La transformation de l’économie planifiée de l’ex-RDA en un système viable d’économie de marché sociale a été et est un défi sans précédent dans l’histoire. Un gigantesque transfert financier dans le sens Ouest-Est est donc nécessaire en Allemagne. Fin 1997, les pouvoirs publics ont déjà versé environ 1000 milliards de DM.

La reconstruction économique en Allemagne de l’Est continue de faire des progrès considérables. L’augmentation de la qualité des produits est-allemands, qui est allée de pair avec une hausse des exportations de près de 26%, a été déterminante pour leur accès aux marchés mondiaux. Un exemple de réussite exceptionnelle après le «Tournant» est l’entrée en bourse de l’entreprise d’optique de Thuringe Jenoptik, en juin 1998, qui est pratiquement repartie de zéro.

Un préalable fondamental à la reconstruction économique a été la mise en place rapide d’une infrastructure moderne, ce qui vaut aussi bien pour tout le système des transports que pour les télécommunications. Aujourd’hui, les nouveaux Länder possèdent l’un des réseaux de téléphone et de communication les plus modernes et les plus performants du monde. Les efforts particuliers consentis pour créer une science et une recherche performantes favorisent un transfert rapide des connaissances technologiques dans la mise en pratique par les entreprises.

En Allemagne de l’Est, il existe toutefois encore un profond fossé entre salaires et productivité par rapport aux anciens Länder. En 1997, les salaires effectifs équivalaient à 77,2% et la productivité à 62% des mêmes données ouest-allemandes. Le décalage au niveau des salaires aux pièces demeure l’un des principaux handicaps des nouveaux Länder.

Par rapport à 1991, la production économique dans les nouveaux Länder a tout de même augmenté de plus de 40% et sa part au produit intérieur brut de toute l’Allemagne est passée à 11,6%. La confiance manifestée par les entreprises dans le développement économique dans les nouveaux Länder se traduit par le modernisme des édifices des équipements de production; ces temps derniers, le taux d’investissement était de 45,1%, un chiffre qui n’a jamais été atteint dans les anciens Länder. Au premier trimestre 1998, la croissance réelle du produit intérieur brut dans les nouveaux Länder a été supérieure de 3,8% à celle de l’année précédente.

Le gouvernement fédéral a fait de l’éradication du clivage économique et social qui existe toujours entre l’est et l’ouest de l’Allemagne sa tâche la plus importante dans la perspective de l’achèvement de l’unité allemande. Il veut financer la reconstruction économique dans l’est de l’Allemagne avec d’importants crédits. En 1998, environ 52 milliards de DM ont été fournis pour des mesures de promotion économique afin de moderniser et d’agrandir l’infrastructure ainsi que pour améliorer les conditions de vie générales.

Depuis le début de 1995, les nouveaux Länder sont intégrés dans la péréquation financière entre les Länder fédérés, dont ils ont reçu environ 57 milliards de DM en 1995. Auparavant, le Fonds de l’«Unité allemande» garantissait leur capacité d’action financière.

Pour compenser les coûts énormes engendrés par la reconstruction dans les nouveaux Länder et pour empêcher que la contraction d’emprunts nets par l’Etat fédéral n’atteigne un niveau faramineux (le service de la dette représente entre-temps près de 20% du budget fédéral total), une prime de solidarité d’actuellement 5,5% de l’impôt sur les salaires, les revenus et les sociétés est prélevée en Allemagne.

Pour renforcer la croissance et réduire le chômage, le gouvernement fédéral dirigé par le chancelier fédéral Gerhard Schröder avait déjà décidé tout un train de mesures dans le cadre du contrat de coalition passé entre le SPD et l’Alliance 90/Les Verts. Il s’agit notamment de l’alliance pour le travail, du renforcement de la reconstruction de l’Est ainsi que des améliorations ciblées dans le domaine de l’éducation et des sciences afin de renforcer ainsi la compétitivité de l’économie allemande. Grâce à une réforme fiscale, il est prévu d’alléger les entreprises au niveau des coûts parasalariaux et d’augmenter le pouvoir d’achat des masses.

Sous le signe de la stabilité politique. La grande majorité des Allemands est résolument favorable à l’unité de l’Etat. Il est compréhensible que beaucoup d’Allemands à l’Est et à l’Ouest ne voient pas de la même façon la contribution que les habitants des anciens Länder fédérés doivent fournir en faveur de ceux des nouveaux Länder. Les différences qui s’étaient instaurées en plus de quarante ans d’isolement s’effacent aujourd’hui de plus en plus, d’autant plus que l’euphorie générale initiale a été supplantée par une opinion objective de ce qui est réalisable.

Un chapitre difficile dans l’assimiliation de l’époque de la dictature du SED a été et est la jurisprudence de ladite criminalité gouvernementale. Comment doit-on par exemple mesurer le degré de responsabilité des politiques qui ont donné l’ordre de tirer le long du Mur et des barbelés? Les poursuites pénales dans ce domaine s’appuient sur les lois en vigueur en RDA à la date où le délit a été commis. Un autre chapitre douloureux est l’examen des millions de dossiers du Service de sécurité de l’Etat est-allemand, la Stasi. Beaucoup d’habitants de l’Allemagne de l’Est veulent savoir ce que la Stasi détient sur eux dans ses dossiers et beaucoup ont découvert à cette occasion qu’ils avaient été espionnés par des gens en qui ils avaient confiance.

Aujourd’hui, l’Allemagne est un partenaire reconnu dans le monde, qui s’engage pour la défense du droit international et des droits de l’homme.


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